lundi 29 septembre 2008

Bilan des courses...

Cela fait déjà 6 semaines que je suis rentrée de Calcutta, il est donc plus que temps (mieux vaut tard que jamais) de clôturer ce blog. Pourquoi repousser l’échéance ? Car en plus d’être une personne relativement paresseuse et mal organisée, écrire un dernier article a une certaine symbolique à mes yeux puisque cela clôt définitivement mon aventure indienne de cet été.

 

Après une semaine mouvementée passée a Delhi et Agra, ou j’ai vu le Taj Mahal, (entre autres splendeurs) qui, pour ceux qui se posent la question, est à la hauteur de sa réputation, et 2 jours de repos sur le campus de CINI, j’ai traversé une dernière fois Calcutta by night pour me rendre à l’aéroport. Le front collé à la vitre de la voiture, je ne veux pas perdre une miette de cette ville que j’ai tant aimée et que je ne reverrais peut-être pas avant longtemps, je me demande comment cela va être de retrouver mon train-train quotidien et ce que cette expérience aura changé en moi.

12 heures plus tard, je pose une tong sur le sol Belge, un nuage de nostalgie plane au-dessus de ma tête.

J’arrive à la maison. Première impression ? Mon dieu qu’il fait…calme !

C’est alors que le téléphone sonne : Hey l’Indienne, ça te dit un apéro ?

Le nuage de nostalgie que je traîne depuis que je suis montée dans l’avion se dissipe. Moins de 24 heures après avoir quitté l’Inde je sirote déjà un verre de rosé, les pieds en éventail, avec mes copines bronzées.

Alors raconte ! Par quoi commencer… Comment décrire un monde totalement parallèle au nôtre, comment raconter les couleurs, les odeurs, le bruit et surtout, les gens ?

Après avoir raconté 53 fois la même histoire, il paraît loin le brouhaha Indien. Finalement, je me sens un peu comme une usurpatrice, comme un braconnier qui exhibe fièrement l’ivoire qu’il a volé au fin fond de l’Afrique. Bon la comparaison est étrange, j’extrapole un chouïa, je caricature, mais vous avez compris le principe.

 

Mais c’est suuuper ce que tu as fait, me dit-on ! Suuuper, me dis-je, une coupe de champagne greffée à la main, les fesses engoncées dans un slim, un sac de créateur se balançant sur l’avant-bras dans un bar louuunge… Suuuper ??? Super pour qui ? Pour moi, cela ne fait aucun doute, mais ce n’était pas vraiment le but de l’opération. Des Européens qui savent tout sur tout et qui vont passer 6 semaines en Inde en ayant l’impression de sauver le monde, ils doivent en voir un sacré paquet. D’un autre côté, c’est toujours plus utile que d’aller se dorer la pilule sur une plage…

Bref, j’ai honte de la facilité avec laquelle j’ai réintégré ma vie Bruxelloise. Je sais, je parle comme si j’étais partie 2 ans, mais là encore, vous avez compris le principe. C’est facile d’avoir des poussées d’altruisme, c’est facile d’avoir des idéaux, ça l’est moins, je m’en rends compte maintenant, de les appliquer.

C’est pour toutes ces raisons également que j’ai mis tant de temps à me mettre a l’écriture de cet article. Loin de moi l’idée de faire ressembler tout ceci au journal d’une adolescente perturbée qui trouve que le monde est nul, mais je pense que mon désarroi mérite d’être exprimé.

Ne vous méprenez pas, c’est un genre d’expérience que je renouvellerai. Seulement mes objectifs seront différents. Je partirai pour l’expérience humaine, pour l’échange culturel plutôt que pour sauver le monde en 6 semaines.

Je vais arrêter là les élucubrations, et passer aux remerciements. En effet, même si ma présence sur place a été plus bénéfique pour moi que pour les Indiens qui ont croisé ma route, l’aspect matériel de l’opération n’est pas à négliger. Pour qu’une organisation comme CINI roule comme une machine bien huilée il lui faut de l’argent, beaucoup d’argent. Faute d’avoir été très utile, j’ai tout de même pu, grâce à vos tous, offrir une somme assez conséquente à certains projets de l’organisation.

Ayant surtout travaillé, les 2 dernières de mes 5 semaines de volontariat, sur un projet intitulé « Early Childhood Stimulation Program »*, dont j’ai déjà parlé dans de précédents articles, c’est à celui-ci que j’ai décidé de donner la moitié des fonds récoltés. Ce projet étant relativement récent, il n’avait encore reçu aucun financement. J’ai décidé de donner l’autre moitié des fonds à « l’emergency ward » et au « nutrition rehab. center », ces deux installations étant à la base de l’ONG qu’est CINI. Leurs services étant gratuits, il est inutile de préciser que les dons sont plus que bienvenus et nécessaires à leur fonctionnement. Je les ai également choisies car je pense que ces deux installations regroupent à elles toutes seules tous les domaines dans lesquels CINI travaille, à savoir la protection des jeunes mères et de leurs enfants, la lutte contre la malnutrition, la prévention SIDA et j’en passe. Un énorme MERCI a tous donc ! Merci également à Lena, à mes parents, à Anna Taylor, au Dr Chaudhuri, au Dr Pal, à Lady Slynn et j’en oublie sûrement (ça y est, je repars en mode discours aux élections de miss camembert vendéen 2009…) !

À bientôt !

 

* On m’a demandé, dans le cadre de ce projet, de proposer quelques idées d’activités ou d’améliorations possibles du programme. Les enfants ne sont pas vraiment ma spécialité, les activités artistiques un peu plus… J’ai donc fait quelques suggestions dans ce domaine-là , en me basant notamment sur ce qui me « stimulait » quand j’étais petite.  J’ai également suggéré d’instaurer une après-midi d’activités créatives par mois, regroupant, par age, les enfants de différents villages prenant part à ce programme. Quoi de plus stimulant que de faire des activités en groupe, de rencontrer d’autres enfants ? De plus, les œuvres réalisées, pourraient être vendues lors d’une tombola annuelle ou seraient invités les employés de CINI, les donateurs, sponsors et autre. Je pense que cela pourrait être une façon ludique de récolter des fonds et de faire connaître l’organisation et son travail. Je ne sais pas si ces idées sont réalisables, ni si elles seront utilisées, mais comme ça vous avez une petite idée de ce que j’ai pu fabriquer durant la fin de mon séjour.

 

P.S : J’espère entrer rapidement en contact avec les personnes qui essayent de créer une branche Belge de CINI afin de leur apporter mon aide, dans la mesure de mes moyens.

J’espère également avoir des nouvelles de Calcutta pour savoir comment les choses évoluent, n’hésitez pas à me contacter si vous désirez de plus amples informations à ce sujet ! 

mardi 29 juillet 2008

Street plays against HIV/AIDS

De retour à la maison après 3 jours passés à Santiniketan, village où Tagore, le célébrissime peintre, écrivain, poète et militant de la région, a fondé une université, je reprends mes activités CINIennes.
Je dis maison car après 1 mois passé ici, je m’y sens comme chez moi. J’ai même recré le bordel de mon studio Bruxellois dans ma chambre Indienne, c’est pour dire…









Revenons à mes activités CINIennes : Mardi matin (22/07), j’ai suivi un groupe d’acteurs dans leur tournée des villages. Ils ont tous étés engagés par CINI dans le cadre d’un programme de prévention SIDA pour effectuer de petites pièces de théâtre de rue sur le sujet. Tous ces acteurs, eux-mêmes séropositifs, se sont portés volontaires pour faire partager leurs expériences. Le virus se répand en effet de façon exponentielle et le manque d’informations sur le sujet est un vrai problème. Ce manque d’information engendre également une peur collective qui pousse les différentes communautés à rejeter leurs membres séropositifs. Soit dit en passant, il n’y a pas que dans les pays du tiers-monde que l’on rencontre ce phénomène…








Cette méconnaissance et cette peur aident le virus à se propager puisque les individus n’osent pas aller se faire tester et transmettent la maladie à leurs conjoints etc.











Après une petite pièce d’environ 15 minutes, entrecoupée de chansons, où une jeune femme découvre sa séropositivité et perd de concert son travail, le soutien de sa famille et l’accès aux soins médicaux, les acteurs ont distribué des prospectus et autres documents informatifs sur le virus du SIDA, ses modes de transmissions etc… Ils sont aussi toujours disposés à répondre individuellement aux éventuelles questions des spectateurs, qui n’osent pas toujours se « lancer » en public. Ils insistent également sur le fait que chacun peut venir à CINI en tout anonymat pour effectuer un test ou recevoir un soutien psychologique et un traitement, dans le cas où ils seraient séropositifs. J’ai d’ailleurs appris que quelqu'un, dans l’un des endroits où nous sommes allés, vient se faire soigner à CINI mais n’a pas annoncé sa séropositivité à ses proches, de peur d’être exclu de la vie du village…
La personne qui m’accompagnait afin de m’expliquer le déroulement des opérations, le tout étant, bien entendu, en Bengali, m’a ensuite présentée aux acteurs. J’ai été très impressionnée par l’engagement et le dynamisme de ces personnes qui, malgré les problèmes que cela a engendré, ont eu le courage de parler librement de leur maladie et surtout, de faire partager leurs expériences à ce sujet de façon ludique.
(Pour le plaisir, une petite photo des ces spectatrices aux lunettes tres 50s...J'adore!)
Ils devraient venir faire un tour en Europe, cela ne nous ferait pas de mal.
En ce qui concerne les petites anecdotes de ma vie quotidienne, il m’est arrivé quelque chose peu commun. En marchant dans Park Street, une grande avenue très fréquentée de Kolkata, je suis tombée (façon de parler) sur un homme dormant par terre. Jusque-là, rien de vraiment anormal, si l’on puit dire, étant donné que des gens dormant sur le trottoir, il y en a à tous les coins de rue. Seulement l’homme en question était couché sur le dos, raide comme un piquet, et totalement enveloppé dans un drap, visage comprit…Bizarre, bizarre…Vous pensez à ce que je pense ?
J’ai tout de même continué mon chemin, en vraie poule mouillée, en me disant que j’avais sûrement trop d’imagination…
Une heure et demie plus tard, en repassant en sens inverse, j’ai constaté que l’homme n’avait pas bougé d’un pouce. Merde. Ce type est peut-être MORT, ça y est c’est dit, et tout le monde passe a coté de lui sans sourciller…
Moi même pas peur, je le pousse du bout du pied. Aucune réaction sous le linceul. Merde, merde, merde. Qu’est c’que j’fais, qu’est c’que j’fais, qu’est c’que j’fais ??? Je réitère l’opération et là, le linceul s’agite et une tête émerge ! Pas content du tout d’être réveillé le bonhomme…Mais quelle idée aussi de dormir enrubanné dans un drap comme une momie !!!
Je lui explique tant bien que mal, la momie ne parle pas un mot d’anglais, que je l’ai cru mort. Une fois qu’il a compris ce que je lui expliquais avec moult gestes éloquents, il a ri pendant un quart d’heure et m’a demandé si je n’avais pas une petite pièce. Tout est bien qui finit bien :-)

dimanche 27 juillet 2008

Drop-in Center - Part III

Vendredi matin (18/07), je suis allée visiter le « ressource center », un bâtiment agréable ou se trouve une bibliothèque bien fournie et où sont effectuées toutes les brochures et autres matériaux utilisés par CINI.
L’après-midi, je suis retournée au Drop-in center de Neogirat pour notre dernier jour d’activités, à savoir la confection de pizzas « maison ». Les bras chargés de plusieurs kilos de pâte, de tomates et autres ingrédients, nous avons fait une entrée remarquée au village, avec, dans notre sillage, plusieurs dizaines de petites têtes brunes.
Nous sommes arrivées dans un drop-in center bondé (comme dit précédemment nous sommes devenues de vraies célébrités locales et les curieux se sont multipliés au fil des visites) et nous sommes mis à travailler, a la chaîne, comme des fourmis, en moins organisé, cela va sans dire…
J’étais moi-même au niveau « découpage-des-tomates » de la chaîne. L’opération s’est déroulée dans un joyeux bordel, sur de vrais instruments de torture…En effet, faute de couteaux, j’ai massacré mes tomates « à l’artisanale », sur une énorme lame enfoncée à la verticale dans un socle en bois. Quand j’ai vu l’engin, je me suis dit qu’avec mon habileté naturelle j’allais y laisser au moins un doigt, mais il s’est finalement révélé d’une efficacité redoutable.
Les minis pizzas ont ensuite remonté la chaîne de petits travailleurs pour atterrir dans l’huile bouillante. Faute de four, nos pizzas ont fini par ressembler plus à des beignets qu’autre chose. Peu importe, le résultat était appétissant, ou en avait l’air en tout cas…Nous avions en effet prévu assez de pitance pour nous et les membres du centre, soit une bonne trentaine de personnes, mais c’était sans compter la multitude de petits curieux et, éventuellement, leurs mamans. La stratégie a été de découper nos beignets-pizzas en petits morceaux pour que tout le monde puisse en profiter. Des petites mains voraces ont rapidement délesté les plateaux de leur contenu, et nous (les 3 européennes), n’avons pas pu goûter nos créations culinaires. Les petites têtes brunes avaient l’air contentes, les jeunes du centre aussi, c’est l’essentiel.
Ensuite, passage obligé par la case séance-photo-échange-d’adresses-e-mails-et-numéros-de-téléphone. Malheureusement, le jour s’est rapidement mis à décliner et notre chauffeur à nous adresser moult rictus inquiets.
Avant que nous ne partions, des jeunes filles du centre nous ont offert, à toutes les trois, de petits cadeaux, ce qui a provoqué une humidification instantanée de nos globes oculaires… Elles avaient même confectionné de charmantes étiquettes fleuries à nos noms. Sur la mienne, elles avaient écrit « Imle »…Apparemment elles avaient autant de mal avec mon nom que moi avec les leurs J
Après un trajet chaotique jusqu’à la voiture, nous avons finalement pu nous mettre en route, contre la promesse que si un jour nous revenions en Inde, nous ferions un crochet par le drop-in center de Neogirat.
La voiture s’est ébranlée et nous avons vu nos petites têtes brunes devenir de plus en plus petites… La petite larme n’a pas pu rester plus longtemps dans son globe oculaire.

mardi 22 juillet 2008

Drop-in Center - Part II











Après avoir été malade une journée, ça devait arriver, j’ai enfin pu me joindre aux activités du drop-in center de Neogirat. Neogirat étant le nom du fameux village anonyme…Ne vous méprenez pas, mon amnésie sélective n’est pas en rémission, les jeunes du centre ont simplement écrit le nom du lieu en question sur l’un des murs.











Jeudi donc, après avoir raté la partie « présentation de nos pays respectifs » et la première couche de peinture, j’ai rejoint Maria et Valentina pour la suite des réjouissances. Nous y sommes allées en début de matinée pour avancer dans la peinture afin d’avoir terminé à temps…Et là, surprise, tout le monde nous attendais de pied ferme !
Et l’école ???!!! Pas aujourd’hui…Bon, mais que cela ne devienne pas une habitude hein (oui, je sais, je ne devais être qu’à moitié crédible) !

Bref, nous nous sommes donc mis au travail. Les garçons se sont chargés des étapes périlleuses des opérations, à savoir grimper sur des échelles pour peindre en hauteur, pendant que nous, les filles, gardions les pieds sur terre et nous occupions des finitions et de la confection des guirlandes en papier.
Maria, Valentina et moi avons vaguement tenté de superviser la répartition des couleurs, sans succès…Le résultat est un peu criard mais au fond, il s’agit de leur centre.











Les pinceaux ressemblaient plus à des balais miniatures qu’a des pinceaux dignes de ce nom (peindre à la serpillière aurait eu le même effet) mais nous sommes arrivés au bout de notre tâche, qui s’est évidemment terminée par une bataille de peinture. Des vêtements détruits et des visages barbouillés plus tard, le centre a déjà meilleure allure. Il ne restait plus qu’à accrocher nos guirlandes et à mettre nos talents artistiques (hum…) en pratique pour décorer la bibliothèque.
Nous avons ensuite toute les trois été cordialement invitées à déjeuner chez Radesh, l’un des garçons du centre, ou nous avons dégusté des plats locaux, assises sur le grand lit familial. Toute la famille est sympathiquement venue nous saluer et nous prendre en photo en pleine mastication. Eh oui, nous sommes devenues de vraies curiosités locales. Je vois d’ici les légendes dans l’album photo : « Européennes dégustant œufs au curry » ou « Européennes s’étouffant avec piment ».
Après manger, Radesh a pris un air solennel et nous a annoncé qu’il était amoureux de nous.
De nous toutes ??? Tu vas devoir en choisir une, trois c’est un peu beaucoup, lui avons-nous répondu. Aucunement découragé, il nous a répondu qu’il était musulman et pouvait donc avoir plusieurs femmes ! Veinard.


L’après-midi, nous avons digéré au rythme des chants traditionnels et des grelots aux pieds de Monsu, qui nous a fait des démonstrations de danse. Nous avons également eu droit à des sketchs, des récitations de poèmes etc.
Notre chauffeur, malgré nos protestations, a fini par nous imposer un repli stratégique vers la base, avant que la nuit ne tombe (le soleil se couchant vers 17h30-18h00). Le trajet entre le centre et la route principale, déjà chaotique de jour, souvent ponctué d’embourbements et autres petits soucis techniques, est plus que périlleux de nuit, le chemin n’étant absolument pas éclairé, entouré de fossés, de plans d’eau ou de rizières et fréquenté par toutes sortes de quadrupèdes. Nous avons donc rejoint la voiture, accompagnées d’une escorte digne d’un président. Ainsi s’est achevée une merveilleuse journée :-) !

CINI ASHA

Je n’ai malheureusement aucune photo de la journée de mardi (de nouveau pour cause d’appareil photo capricieux) mais je voudrais quand même vous en parler car c’était une journée très intéressante (et enrichissante).
Nous avons passé une partie de la journée à CINI ASHA, unité qui s’occupe, en milieux urbains, des « slums » (quartiers pauvres), des colonies de squatters, des prostituées et des enfants de la rue. Cette unité a notamment créé :
- Une ligne téléphonique (Child Line) permettant a quiconque de signaler des enfants abandonnés, victimes d’abus sexuels ou forcés à travailler et qui fonctionne un peu comme la ligne téléphonique de « Child Focus » en Belgique.

- Des « Half way houses » pour filles et garçons vivant dans la rue, ayant fugué par peur d’être battus, vendus ou autre, ayant été rejetés par leurs familles etc. Ils sont accueillis dans ces maisons, y sont logés, nourris et rescolarisés. Après un certain temps, CINI tente d’entrer en contact avec les familles, si familles il y a, de renouer les liens entre celles-ci et les enfants recueillis, les informe sur les droits des enfants, sur l’importance de la scolarisation etc., le but étant de réinsérer ces jeunes dans leur milieu familial, en veillant bien sur a ce qu’ils soient bien traités.

- Des refuges nocturnes ou les enfants de la rue peuvent se rendre pour la nuit, afin de ne pas avoir à dormir dehors.

- Des centres médicaux

- Des « drop-in center », un peu différents de celui ou nous avons organisé des activités,dont j’ai déjà parlé précédemment.

En plus de ces installations, CINI ASHA a également mis sur pied un programme de « Bridge courses » (« cours passerelle »). Ce programme vise à dispenser, sur une période d’un an, des cours aux enfants déscolarisés ou non scolarisés (entre 4 et 14 ans) pour les mettre a niveau afin qu’ils puissent intégrer ou réintégrer l’école normale. Une fois réinsérés dans le système scolaire classique, ils ont accès à des « coaching center » ou on les aide à faire leurs devoirs puisque les parents ne peuvent pas le faire, étant souvent eux-mêmes illettrés.

Moi et les deux volontaires italiennes sommes allées dans un des « drop-in center » des quartiers pauvres de Kolkata pour y rencontrer des jeunes filles participant au Early Childhood Stimulation program (littéralement, « programme de stimulation de la petite enfance »). Elles vont chaque semaine dans un certain nombre de foyers pour faire faire des exercices à de jeunes enfants. En effet, dans beaucoup de familles pauvres, les mères ont souvent plusieurs très jeunes enfants et n’ont pas toujours le temps de s’occuper d’eux individuellement, en plus des tâches domestiques. CINI a constaté que les enfants n’ayant pas étés stimulés comme des enfants « normaux » présentaient souvent un certain retard à leur entrée à l’école ou dans leur développement en général (certains, par exemple, ne savent toujours pas marcher a plus de 18 mois). Ces exercices (apprendre à conter, lecture d’histoires, reconnaissance des couleurs etc.) sont faits en présence des mamans pour qu’elles puissent elles-mêmes les faire faire à leurs enfants les autres jours de la semaine. Les jeunes filles expliquent aux mères l’importance de cette stimulation et de l’attention qu’il faut porter aux jeunes enfants et celles-ci sont vite convaincues par les progrès de leur progéniture. Après nous avoir expliqué leur rôle au sein de ce programme, elles nous ont demandé de nous présenter et nous ont posé toutes sortes de questions. Elles nous ont notamment demandé, j’ai trouvé ça un peu bizarre sur le coup, qui finance nos études…Du côté Européen la réponse a été, à l’unanimité, « nos parents ». Du côté Indien, la réponse a été, à l’unanimité, « nous-même ». Il y a comme un problème là, non ?
En effet, certaines des jeunes filles présentes avaient mon age et étaient les premières de leur famille (nombreuse) à faire des études supérieures. Elles travaillent pour CINI, parfois en plus d’un autre « petit boulot », en échange d’une aide financière pour leurs études et d’une sorte de tutorat pour les aider à étudier. J’ai voulu savoir comment leurs parents avaient réagi lorsqu’ils avaient appris qu’elles voulaient faire des études et s’ils les encourageaient dans cette voie. Elles m’ont expliqué qu’ils étaient inquiets au début, au sujet des finances, mais qu’ils étaient fiers d’elles. Elles ont ajouté qu’elles avaient de la chance que cela ce soit passé ainsi, ce n’est pas toujours le cas.
Elles étaient également très intéressées de savoir si dans nos pays, il y a autant de pauvreté qu’ici.
Nous sommes ensuite passés à des sujets plus joyeux, comme les acteurs connus que nous aimons bien etc. Elles nous ont demandé si nous connaissions des acteurs bollywoodiens. Nous avons répondu en choeur : SHARU KHAN !, ce qui a provoqué des cris hystériques. Apparemment ce nom leur fait autant d’effet que quand on nous dit à nous : JOHNNY DEPP !
Elles ont beaucoup rit du fait que nous ayons le même âge mais que je sois aussi grande. Précisons qu’en plus de me faire remarquer par ma peau blanche comme un poulet cru, j’ai l’air d’une asperge déambulant dans les rues de Kolkata puisque je fais à peu près 2 têtes de plus que les Indiennes (que les Indiens aussi d’ailleurs…).
Ce fut un moment très agréable, en plus d’être une bonne leçon d’humilité…

mercredi 16 juillet 2008

Drop-in center - Part I

Cette semaine, Maria, Valentina et moi allons organiser des activités dans le drop-in center d’un village, dont je tairais le nom par soucis d’anonymat… Bon d’accord, j’avoue tout : j’ai dit « un village » car je souffre d’une sorte d’amnésie sélective…Je ne retiens aucun nom Indien, peu importe qu’il s’agisse de lieux ou d’être humains...
Revenons à nos moutons : Un « drop-in center » est un lieu où les jeunes peuvent se réunir pour diverses activités extrascolaires et pour assister aux séances d’information, dont j’ai déjà parlé précédemment, concernant la sexualité, la nutrition etc. Des livres, des magazines et des documents y sont également à leur disposition. Celui ci est, pour l’instant, le seul existant en milieu rural (il s’agit d’une sorte de centre pilote). En effet, tous les autres centres de ce genre créés par CINI se trouvent en milieux urbains et visent principalement à accueillir des « enfants de la rue », en décrochage scolaire notamment, afin qu’ils aient un endroit a eux, qu’ils ne soient plus livrés à eux-mêmes.
Lundi après midi nous avons donc rejoint les jeunes du centre pour établir le programme des prochains jours. L’activité principale sera de peindre l’intérieur du centre qui, comme vous pouvez peut-être l’apercevoir sur les photos, est un peu tristounet. En plus, nous avons imprimé diverses images et photos afin de faire une petite présentation de nos pays et habitudes respectives et les jeunes du centre feront de même sur leur village. Le dernier jour, nous avons également prévu de cuisiner avec eux un plat italien, en l’occurrence une pizza. Le choix s’est porté sur un plat italien car les Italiennes l’emportent numériquement sur moi et que, il faut bien le dire, je suis totalement dépourvue de compétences culinaires. Il vaut donc mieux pour la santé de tous que ce soit Maria et Valentina qui dirigent les opérations, de plus, il serait relativement compliqué de préparer des moules frites au fin fond du « West Bengal »… Quoique vu les installations culinaires à notre disposition, la confection de nos pizzas risque d’être fantaisiste également…
Une fois le programme établit, il était temps, et tout le monde apparemment d’accord, les jeunes du centre nous ont chanté l’hymne national indien. Les 2 italiennes ont ensuite entonné un « Fratelli d’Italiaaaaa » endiablé…

Mais qu’entend-je ??? On m’appelle ??? Pas la peine de lever les yeux au ciel : OUI je me suis lâchement soustraite au sort qui m’attendait. Enfin lâchement, il s’agissait plutôt d’un geste d’un altruisme exacerbé ! On dit que quelqu'un qui chante comme un chat de gouttière attire la pluie…Vous imaginez la catastrophe naturelle si j’avais fait s’amplifier la mousson ???
Bon en plus, j’avoue, je connais très mal l’hymne belge. J’aurais pu me rabattre sur la marseillaise, mais j’ai imaginé ce qu’une crue de tous les étangs du village ferait comme dégâts et je me suis abstenue.
Mes manœuvres échappatoires ont fonctionné a merveille et une jeune fille nous a gentiment fait une démonstration de danse traditionnelle indienne. Nous avons achevé l’après-midi par du dessin.








Pour résumer la semaine dernière, qui a été moins agitée à cause de petits soucis d’organisation, j’ai suivi, pendant 2 matinées, des nutritionnistes, « health workers » ou « social workers » dans leurs tournées rurales. Ceux-ci se rendent en effet dans les villages de la région pour peser les jeunes enfants afin de prévenir la malnutrition, vérifier qu’ils aient tous les vaccins nécessaires et conseiller les femmes enceintes, en autres choses. Je suis notamment allée dans un foyer où le staff de CINI a tenté de convaincre une jeune femme enceinte de 9 mois d’aller accoucher a l’hôpital…Ce qui n’avait pas l’air du goût de la vigilante belle mère.
Il était intéressant d’être brièvement plongée dans la vie quotidienne de ces villages. J’y ai même vu un artisan fabricant des saris. Il travaillait alors sur une magnifique pièce sur laquelle il brodait des fleurs en perles, qu’il cousait une par une !
Je n’ai malheureusement aucune photo de cette semaine, mon appareil photo supportant aussi bien l’humidité que mes cheveux, si vous voyez ce que je veux dire …
Quant au week-end, il peut se résumer en ces 3 mots : shopping, indian museum et bollywood.
-Shopping pour me constituer un petit stock de « kurtas » afin d’éviter l’épreuve quotidienne du lavage a la main…Non, non, vous ne rêvez pas, je fais ma-propre-lessive comme une grande, dans un seau ! Comme quoi, ce voyage est instructif à tous les niveaux ! J’ai même appris que laver simultanément les nouveaux vêtements foncés et le blanc n’est pas la plus brillante des idées…Vous voyez, j’en apprends tous les jours.

- L’Indian museum car il faut quand même laisser un peu de place a la culture dans le programme hautement intellectuel du week-end. On y trouve une collection d’une taille impressionnante, qui va de l’art indien à l’art égyptien en passant par les fossiles, les minéraux, les oiseaux et animaux empaillés, les objets préhistoriques etc. Dommage que la présentation laisse à désirer et que l’éclairage soit quasiment inexistant dans certaines salles car ce musée a un potentiel énorme !!!

- Et Bollywood car ce serait pécher que d’être en Inde et de ne pas aller voir un film bollywoodien ! Nous nous sommes donc rendus dans le cinéma d’un énorme et affreux entre commercial comme il en fleurit un peu partout ici pour assister à 3 heures de péripéties amoureuses, qui se terminent bien, bien entendu, et de chansons ou le kitsch atteint son paroxysme. Je ne comprends pas l’Hindi me direz-vous… Certes, mais avec une histoire bateau, des mimiques exagérées et un mot sur cinq en anglais, cela n’est pas vraiment un problème. Mon discours peut sembler péjoratif, mais non : Bollywood a une nouvelle adepte ! :-)

mercredi 9 juillet 2008

The Outpatient Clinic

Juste un petit article pour vous montrer quelques photos prises a la clinique de jour (Outpatient Clinic) et vous parler un peu de son fonctionnement. Je m’y rends de temps en temps pour suivre le Docteur De dans son travail.

Ci-contre, le coin pharmacie.










Initialement, celle-ci n’était ouverte que le jeudi matin mais aux vues de son succès toujours croissant, CINI a décidé d’ouvrir cette clinique pour enfants tous les matins de la semaine. Le jeudi reste cependant un jour de grande affluence, la clinique ressemble alors à une vraie place de marché, car les médicaments sont moins chers ce jour-là…Ne me demandez pas pourquoi, le mystère reste entier... En effet, même si les consultations sont gratuites, les patients doivent tout de même payer les médicaments fournis, a un prix relativement bas, ceci toujours dans le but de les responsabiliser. De plus, il serait impossible pour CINI de les fournir gratuitement aux centaines de patients qui viennent ici chaque semaine, d’autant plus que les autres services comme le « Nutrition Rehabilitation Center » sont entièrement gratuits.
Comme je l’ai déjà dis dans le post précédent, les parents et leurs enfants sont d’abord reçus par des « health workers ». Certains patients devant parfois faire plusieurs heures de trajet pour atteindre la clinique, se sont surtout les mères (ou les mères et belles-mères de celles-ci) qui se déplacent, les pères ne pouvant souvent pas se permettre de perdre une journée de travail. De plus, ce ne sont en général pas ces derniers qui s’occupent quotidiennement des enfants… Les « health workers » envoient certains patients dont le cas est plus préoccupant vers les médecins qui effectuent un deuxième « filtrage » et dirigent certains cas vers l’ « emergency ward », le NRC ou vers des hôpitaux gouvernementaux. Je sais, je radote…
Des nutritionnistes proposent aussi leurs services.
La encore, le Docteur De a fortement insisté sur l’importance de l’éducation et de la prévention. La plupart des patients viennent en effet pour avoir des médicaments et soulager rapidement leurs enfants. Le problème, leur explique Docteur De, est qu’ils viennent justement quand l’état de l’enfant nécessite un traitement médicamenteux, alors qu’il vaudrait mieux prévenir que guérir. Il leur explique également que les médicaments ne sont pas des remèdes magiques et absolus et qu’il est important d’avoir une nourriture saine, une bonne hygiène de vie etc.
Sur cette photo, un autre docteur et ses patients.


Le Docteur De n’est pas toujours tendre avec les parents dont les enfants n’ont reçu aucuns vaccins et n’ont pas de carnets de santé et, même si cela m’a surprise au début, je sais que c’est pour leur bien.
À gauche, le Docteur De en pleine « consultation ».

J’ai été frappée par le regard clair de cette jeune femme. De plus, alors que ma présence semble mettre certains patients mal à l’aise (surtout lorsqu’il s’agit d’hommes), elle m’a tout de suite souri et m’a laissée la prendre en photo.
Avant que le Docteur n’arrive, elle s’est mise à me parler frénétiquement, en Bengali, en me montrant les plaques rouges recouvrant le corps entier du bébé, qui semblait en piteux état…J’ai dû partir peu de temps après, mais j’espère pouvoir aller glaner quelques renseignements auprès du Docteur De pour savoir ce qu’il adviendra de cette maman et de son tout jeune nourrisson.











Sur cette photo, la pesee des enfants.







Bon, finalement le « petit article » n’est pas si petit que ça…Comme ça vous avez un aperçu de ce qui se passe a la clinique !
Et pour la parenthèse « petits désagréments de la vie quotidienne », qui n’en sont pas vraiment, il faut bien le dire :
-Je commence à avoir assez mal au dos car, même si j’ai tendance à affectionner les lits « durs », mon lit est composé d’une planche de bois recouverte d’un matelas d’une épaisseur de…4cm a tout casser. C’est mon kiné qui va être content à la rentrée :-) !!!
-La mousson, qui s’était faite discrète jusqu’à présent, commence à sérieusement faire des siennes. Pour être exacte, il fait assez dégueulasse (d’ailleurs, le tonnerre gronde en ce moment même), ce qui n’arrange en rien ma désastreuse situation capillaire…Moi qui avais spécialement acheté une nouvelle paire de soleil et une provision de crème solaire avant de partir, c’est plutôt raté ! Je vais devoir investir dans un PARAPLUIE. On ne peut pas dire que le temps soit « dépaysant », les Belges comprendront.

lundi 7 juillet 2008

The Nutrition Rehabilitation Center

Mercredi dernier, j'ai passe la journee entre le "Nutrition Rehabilitation Center" et la "Outpatient Clinic".
Je vais commencer par vous parler un peu du NRC, dont le Dr. De m'a explique le fonctionnement et l'importance.
Tous les jours, un grand nombre de parents se presentent a la clinique de jour (outpatient clinic) avec leurs enfants. Ils y sont recus par des "health workers" (je ne sais pas tres bien comment le traduire, disons personnel de sante...Cela ne sonne pas tres bien mais je pense que vous avez saisi l'idee), qui sont la pour filtrer les cas selon leur gravite. Les cas necessitant une attention particuliere sont envoyes aux medecins qui redirigent eux-memes certains patients vers le "nutrition rehab. center" ou vers des hopitaux gouvernementaux. Les cas les plus graves, malnutrition severe, infections respiratoires etc. passent par l'"emergency ward" (la salle des urgences) avant d'etre accueillis au NRC.
Celui-ci comporte a peu pres 22 places (en chambres), et dispose d'une cuisine collective. Les meres et leurs bebes y restent jusqu'a ce que ceux-ci soient stabilises, que les mamans aient appris les bases de la nutrition et comment subvenir aux besoins de leurs jeunes enfants. Le Docteur De a fortement insiste sur l'importance de "l'education" des meres. En effet, ne faire "que" nourrir un enfant souffrant de malnutrition serait comme remplir un sac troue...Il faut soigner a court ET a long terme.
C'est pour cela que le NRC tend a creer un espace ou les meres peuvent se sentir et se comporter comme chez elles, afin d'etre sur qu'elles continueront a subvenir correctement aux besoins de leurs enfants une fois sorties du centre de rehabilitation. C'est dans ce but qu'elles doivent elles-memes faire le menage et la cuisine, assistees par le personnel du centre.
Vous devez vous demander pourquoi les mamans n'ont pas naturellement les connaissances necessaires pour nourrir et pour s'occuper de leurs enfants...






Et bien la malnutrition est malheureusement un cercle vicieux: les bebes mal nourris tombent facilement malades et n'ont pas toujours la force de jouer, d'etre stimules, ce qui joue un role considerable dans l'apprentissage de la vie, si l'on peut dire...L'adolescence comporte aussi des etapes importantes en terme d'apprentissage. Malheureusement beaucoup d'Indienne n'ont pas non plus le temps de vivre cette etape importante car elles sont mariees et ont des enfants tres tot. Ces mamans mal nourries donnent naissance a des bebes mal nourris dont elles ne savent pas s'occuper et qui ne recoivent pas l'attention qui leur est necessaire puisque les jeunes filles ont souvent rapidement un autre enfant...Il y a, par exemple, une maman enceinte de 7 mois qui vient d'arriver au centre avec un enfant d'un an...Faites le calcul, ca ne laisse pas beaucoup de temps entre les 2 grossesses! Et encore, il n'est pas rare qu'une mere avec un bebe de 2 mois soit a nouveau enceinte! L'enchainement des grossesses, qui leur coutent enormement d'energie, ne fait qu'aggraver leur etat de sante. Le sepent se mord la queue encore et encore.

Notez qu'a peu pres 30% des enfants en Inde naissent avec un poid inferieur a 2,5kg!!!






A gauche, Subho vient verifier que tout ce passe bien.

Toutes les photos qui accompagnent cet article ont ete prises durant l'un des repas. Beaucoup de mamans ne savaient pas avant d'arriver ici jusqu'a quel age il faut allaiter un bebe, ni combien de fois par jour il faut nourrir un jeune enfant, par exemple.
Les enfants que vous voyez sur ces photos sont au centre depuis un certain temps et se sont donc deja bien "remplumes". Ils ne ressemblent plus a ceux qui se trouvent en ce moment a "l'emergency ward"...
Le Docteur De m'a egalement montre des photos d'avants/apres...Etonnant! Ou plutot...Encourageant! Je vais essayer de vous scanner quelques-unes de ces photos dans les jours qui viennent.























Ci contre, le personnel du centre.





Jeudi, j'ai passe un petit moment a la clinique avant d'aller visiter la partie de CINI appelee "women and child health", ou je vais pouvoir travailler sur un projet de pre scolarisation dans les semaines qui viennent (how exciting!!!). J'ai passe l'apres midi dans l'unite qui s'occupe de prevention SIDA et d'aide aux personnes seropositives.
Vendredi, je suis allee dans un centre pour jeunes, un "drop in center", dans lequel Maria, Valentina et moi allons organiser des activites. Nous avons decide, en accord avec les jeunes du centre, que nous allions preparer quelque chose au sujet de l'Europe et de nos pays respectifs (ils veulent savoir quels sont nos hobbys, nos habitudes vestimentaires, alimentaires etc.) et que, de leurs cote, ils allaient preparer quelque chose sur leur village, leurs habitudes etc. Au programme nous auront: dessin, chant, danse, cuisine, et j'en passe. Nous sommes toutes les 3 impatientes (meme si je prie pour ne pas avoir a chanter moi meme...).
Le week-end nous a permis de visiter et de nous promener dans Kolkata: nous sommes notamment alles visiter l'ecole des beaux-arts et le temple de Kali, avons vu une piece de theatre (en Bengali, oui...) etc.
Que dire d'autre...Ah oui! Meme si j'aime beaucoup la nourriture en general, je commence a avoir une overdose de RIZ...Eh oui, deja, mais comme nos dejeuners et nos diners se composent presque essentiellement de riz, autant vous dire que j'en reve meme la nuit! L'avantage de cette absorption massive de riz est que je suis constipee, ce qui est plutot un comble lorsqu'on est en Inde...Bon, je vais en rester la en ce qui concerne mes tribulations intestinales, je suis sure que vous ne m'en voudrez pas!
Et sinon...Apres m'etre habituee au trafic Indien (j'ai parle un peu vite, je n'avais pas encore vecu l'experience "Ricksaw"), je commence a m'habituer au fait que les gens me regardent comme si des pieds me poussaient a la place des oreilles des que je mets un pied dehors! Bon, la metaphore est un peu etrange, j'en conviens...Tout ca pour dire qu'apparemment la peau blanche, ca intrigue!!! Surtout qu'il m'arrive d'aller trainer mes orteils vernis dans des patelins ou les autochtones n'ont pas l'air d'avoir l'habitude de croiser des Europeennes...
J'en reste la, le monsieur de la salle informatique m'offre une tasse de "tchai" qu'il serait impoli de refuser!

jeudi 3 juillet 2008

Field Work - 01/07 suite

Mardi apres-midi, nous sommes alles visiter une annexe de CINI appelee "Field Office - Falta". On y donne notamment des formations a des "youth animators" et des "peers animators", comme explique dans l'article precedent, qui pourront ensuite partager ce qu'ils auront apprit avec leur communaute.
Nous avons assiste a une formation donnee par un organisme exterieur a CINI au sujet de la sante mentale et le fait que chaque individu a ses propres ressentits ( c'est ce que j'ai compris en tous cas...J'ai encore un peu de mal avec l'accent Indien donc apres leurs avoir demande de repeter 3 fois j'ai hoche la tete comme si tout etait devenu parfaitement clair). Meme si nous n'avons pas compris un traitre mot de ce cours, donne en Bengali, il etait interressant de voir la facon dont ceux-ci se deroulent.
Certains participants ont egalement fait des exposes.
Un traducteur nous a rapidement explique
que le cours evoquait le fait qu'un individu pouvait avoir ses propres problemes, sentiments, peurs, ou autres, independemment de sa communaute.
Les termes de "communaute", "groupes", ou "famille", sont des mots qui reviennent sans cesse. Les personnes rencontrees jusqu'a present semblent subir une certaine pression du groupe auquel elles appartiennent ( quand je dis groupe, cela peut aussi vouloir dire famille), avec ses regles et sa hierarchie.
Cette apres midi la, j'ai aussi un peu discute avec un jeune homme, un "peer educator" de 25 ans. Apres m'avoir demande si j'etais mariee, ce que font mes parents, mon age, et j'en passe (les gens ici adorent poser des questions personelles), la conversation a devie sur...le football!!! Il a voulu savoir qui a gagne le coupe d'europe et qui est mon joueur prefere...
Euuuh...moi pas parler football...Donc je lui donne le premier nom qui me vient a l'esprit: Christiano Ronaldo!
Rires...C'est seulement par ce qu'il est beau, qu'il me dit!
Oups...Demasquee!
Comme quoi, le football est decidemment bien un sujet UNIVERSEL!


Ah, by-the-way...Ca y est, je me suis habituee au traffic Indien! Je n'ai meme plus peur en voiture! N'ayant assiste a aucun accidents et etant toujours arrivee saine et sauve a destination, avec tous mes membres et tout et tout (si, je vous jure!), j'ai decide qu'il n'y avait (presque) plus de quoi s'inquieter! Heureusement etant donne qu'en general les distances a parcourrir sont assez consequentes...L'envie m'est donc passee de tapoter toutes les 5 minutes l'epaule du chauffeur en lui disant "Euh, exkiouze mi seur...sans vouloir vous importuner...Il y a un bus qui arrive en faaaaaace!
Si si, ce temps la est revolu! :-)

mercredi 2 juillet 2008

Field Work - 01/07

Il y a 3 autres volontaires a CINI pour l'instant: 2 Italiennes et 1 Anglais. C'est agreable d'avoir un peu de compagnie et ils me font partager leurs experiences puisqu'ils sont ici depuis plus longtemps que moi.
Comme vous le savez surement deja, je vais passer cette premiere semaine a voyager parmis les differents projets de CINI.
Mardi, j'ai donc accompagne Maria et Valentina (les deux volontaires Italiennes) dans leur programme de la journee.
CINI a cree des comites dans de nombreux villages afin de permettre aux jeunes issus de milieux ruraux d'avoir acces a des informations concernant les pratiques et l'hygiene sexuelle ("reproductive and sexual health", j'espere avoir traduit correctement), les maladies sexuellement transmissibles etc.
Mardi matin donc, nous sommes allees rencontrer le comite d'un de ces vilages (compose de jeunes locaux qui se sont portes volontaires). Nous etions accompagnees de Sattan (la facon dont j'epele son prenom doit etre totalement fantaisiste) qui s'est charge de la traduction. Assis en rond sur des nattes, chacun nous a explique son role au sein de ce comite et nous pouvions poser toutes les questions qui nous venaient a l'esprit au fur et a mnesure de la reunion.
La jeune femme en vert sur la photo est une "youth animator", formee directement par CINI. Elle a ensuite elle meme choisis et forme 18 "peers educators". Elle a egalement recense tous les jeunes entre 10 et 24 ans de son village, ce qui represente a peu pres 30% de la population de celui-ci, et les a invite a se joindre aux sessions d'informations (qui ont en general beaucoup de succes aupres de ces jeunes). Elle organise egalement des reunions avec les parents qui montrent une certaine reticence envers ces projets. Ce sont les "peers educators", des jeunes eux meme pour la plupart, qui se chargent d'animer les session d'informations (les garcons se chargeant des garcons et les filles des filles pour eviter toute gene ou ambiguite).
Les femmes, influencees par leur culture, me paraissent assez timides mais n'ont, selon le traducteur, aucun probleme a parler de sexualite, contraception ou autre avec leurs contemporains.
Tous les membres du comite, sans exception, nous expliquent qu'avant leur formation ils n'etaient pas ou mal informes sur ces sujets et qu'il existe de nombreux cliches concernant la sexualite, surtout dans les milieux ruraux (comme le fait que le sang des menstruations est impur par exemple). Les garcons surtout nous expliquent en riant qu'ils ont etes tres etonnes en apprenant toutes ces choses pendant leur formation.
Le comite, qui traite egalement de nutrition, se reunit 1 fois par mois pour etablir les programmes de leurs activites et gerer leur budget. En effet, si CINI leur apporte une certaine contribution financiere, les villageois eux-meme doivent financer une partie de ces activites, ceci afin de se sentir plus concernes et d'acquerir plus de responsabilite.
Nous apprenons egalement que selon la loi, les femmes ne peuvent pas avoir de rapports sexuels avant 18 ans... Quand l'on voit le nombre de mineures qui sont deja mariees, il est clair que cela n'est pas respecte.
Si une jeune fille tombe enceinte avant le mariage et que le garcon avec qui elle a eu des rapports sexuels ne veut pas l'epouser, cela est automatiquement considere comme un viol!
La femme en sari brun-orange que vous voyez sur la photo ci contre se charge d'apprendre aux femmes a faire de la nourriture la plus nutritive possible ainsi que de distribuer des comprimes de fer et des medicaments.
La matinee s'acheve peu a peu et toutes les personnes presentes a la reunion, nous y compris, signent dans un registre.
Ma kurta me colle a la peau (Lena m'a gentiment offert des vetements locaux, beaucoup plus pratiques) et mes cheveux me font ressembler a un caniche royal sortant de chez le toiletteur (en effet, qui dit mousson, dit humidite...Je vais m'abstenir de mettre des photos, de toute facon je suis sure que vous imaginez tres bien le tableau...) mais je repars des sourrires plein les yeux et l'estomac remplit de noix de coco et de lytchus (version Indienne des lytchees, que vous pouvez apercevoir sur la branche que les jeunes filles brandissent sur l'une des photos).
J'ajoute egalement quelques photos prises dans le village en question pour que vous puissiez vous faire une idee du paysage!