Cela fait déjà 6 semaines que je suis rentrée de Calcutta, il est donc plus que temps (mieux vaut tard que jamais) de clôturer ce blog. Pourquoi repousser l’échéance ? Car en plus d’être une personne relativement paresseuse et mal organisée, écrire un dernier article a une certaine symbolique à mes yeux puisque cela clôt définitivement mon aventure indienne de cet été.
Après une semaine mouvementée passée a Delhi et Agra, ou j’ai vu le Taj Mahal, (entre autres splendeurs) qui, pour ceux qui se posent la question, est à la hauteur de sa réputation, et 2 jours de repos sur le campus de CINI, j’ai traversé une dernière fois Calcutta by night pour me rendre à l’aéroport. Le front collé à la vitre de la voiture, je ne veux pas perdre une miette de cette ville que j’ai tant aimée et que je ne reverrais peut-être pas avant longtemps, je me demande comment cela va être de retrouver mon train-train quotidien et ce que cette expérience aura changé en moi.
12 heures plus tard, je pose une tong sur le sol Belge, un nuage de nostalgie plane au-dessus de ma tête.
J’arrive à la maison. Première impression ? Mon dieu qu’il fait…calme !
C’est alors que le téléphone sonne : Hey l’Indienne, ça te dit un apéro ?
Le nuage de nostalgie que je traîne depuis que je suis montée dans l’avion se dissipe. Moins de 24 heures après avoir quitté l’Inde je sirote déjà un verre de rosé, les pieds en éventail, avec mes copines bronzées.
Alors raconte ! Par quoi commencer… Comment décrire un monde totalement parallèle au nôtre, comment raconter les couleurs, les odeurs, le bruit et surtout, les gens ?
Après avoir raconté 53 fois la même histoire, il paraît loin le brouhaha Indien. Finalement, je me sens un peu comme une usurpatrice, comme un braconnier qui exhibe fièrement l’ivoire qu’il a volé au fin fond de l’Afrique. Bon la comparaison est étrange, j’extrapole un chouïa, je caricature, mais vous avez compris le principe.
Mais c’est suuuper ce que tu as fait, me dit-on ! Suuuper, me dis-je, une coupe de champagne greffée à la main, les fesses engoncées dans un slim, un sac de créateur se balançant sur l’avant-bras dans un bar louuunge… Suuuper ??? Super pour qui ? Pour moi, cela ne fait aucun doute, mais ce n’était pas vraiment le but de l’opération. Des Européens qui savent tout sur tout et qui vont passer 6 semaines en Inde en ayant l’impression de sauver le monde, ils doivent en voir un sacré paquet. D’un autre côté, c’est toujours plus utile que d’aller se dorer la pilule sur une plage…
Bref, j’ai honte de la facilité avec laquelle j’ai réintégré ma vie Bruxelloise. Je sais, je parle comme si j’étais partie 2 ans, mais là encore, vous avez compris le principe. C’est facile d’avoir des poussées d’altruisme, c’est facile d’avoir des idéaux, ça l’est moins, je m’en rends compte maintenant, de les appliquer.
C’est pour toutes ces raisons également que j’ai mis tant de temps à me mettre a l’écriture de cet article. Loin de moi l’idée de faire ressembler tout ceci au journal d’une adolescente perturbée qui trouve que le monde est nul, mais je pense que mon désarroi mérite d’être exprimé.
Ne vous méprenez pas, c’est un genre d’expérience que je renouvellerai. Seulement mes objectifs seront différents. Je partirai pour l’expérience humaine, pour l’échange culturel plutôt que pour sauver le monde en 6 semaines.
Je vais arrêter là les élucubrations, et passer aux remerciements. En effet, même si ma présence sur place a été plus bénéfique pour moi que pour les Indiens qui ont croisé ma route, l’aspect matériel de l’opération n’est pas à négliger. Pour qu’une organisation comme CINI roule comme une machine bien huilée il lui faut de l’argent, beaucoup d’argent. Faute d’avoir été très utile, j’ai tout de même pu, grâce à vos tous, offrir une somme assez conséquente à certains projets de l’organisation.
Ayant surtout travaillé, les 2 dernières de mes 5 semaines de volontariat, sur un projet intitulé « Early Childhood Stimulation Program »*, dont j’ai déjà parlé dans de précédents articles, c’est à celui-ci que j’ai décidé de donner la moitié des fonds récoltés. Ce projet étant relativement récent, il n’avait encore reçu aucun financement. J’ai décidé de donner l’autre moitié des fonds à « l’emergency ward » et au « nutrition rehab. center », ces deux installations étant à la base de l’ONG qu’est CINI. Leurs services étant gratuits, il est inutile de préciser que les dons sont plus que bienvenus et nécessaires à leur fonctionnement. Je les ai également choisies car je pense que ces deux installations regroupent à elles toutes seules tous les domaines dans lesquels CINI travaille, à savoir la protection des jeunes mères et de leurs enfants, la lutte contre la malnutrition, la prévention SIDA et j’en passe. Un énorme MERCI a tous donc ! Merci également à Lena, à mes parents, à Anna Taylor, au Dr Chaudhuri, au Dr Pal, à Lady Slynn et j’en oublie sûrement (ça y est, je repars en mode discours aux élections de miss camembert vendéen 2009…) !
À bientôt !
* On m’a demandé, dans le cadre de ce projet, de proposer quelques idées d’activités ou d’améliorations possibles du programme. Les enfants ne sont pas vraiment ma spécialité, les activités artistiques un peu plus… J’ai donc fait quelques suggestions dans ce domaine-là , en me basant notamment sur ce qui me « stimulait » quand j’étais petite. J’ai également suggéré d’instaurer une après-midi d’activités créatives par mois, regroupant, par age, les enfants de différents villages prenant part à ce programme. Quoi de plus stimulant que de faire des activités en groupe, de rencontrer d’autres enfants ? De plus, les œuvres réalisées, pourraient être vendues lors d’une tombola annuelle ou seraient invités les employés de CINI, les donateurs, sponsors et autre. Je pense que cela pourrait être une façon ludique de récolter des fonds et de faire connaître l’organisation et son travail. Je ne sais pas si ces idées sont réalisables, ni si elles seront utilisées, mais comme ça vous avez une petite idée de ce que j’ai pu fabriquer durant la fin de mon séjour.
P.S : J’espère entrer rapidement en contact avec les personnes qui essayent de créer une branche Belge de CINI afin de leur apporter mon aide, dans la mesure de mes moyens.
J’espère également avoir des nouvelles de Calcutta pour savoir comment les choses évoluent, n’hésitez pas à me contacter si vous désirez de plus amples informations à ce sujet !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire